Amirouche Aït Hamouda le loup de l’Akfadou

Amirouche Aït Hamouda
Amirouche Aït Hamouda

Amirouche Aït Hamouda, (en amazigh, ⴰⵎⵉⵔⵓⵛ ⴰⵉⵜ-ⵃⴰⵎⵓⴷⴰ) (né le 31octobre1926 àTassaft Ouguemoun – mort au combat au sud de Boussada, le 29 mars1959), surnommé par les Français « le loup de l’Akfadou » et « Amirouche le terrible », est un militant nationaliste algérien, colonel de l’Armée de libération nationale (ALN) et chef de la wilaya III pendant la guerre d’indépendancede l’Algérie.

D’une intelligence vive et d’un caractère décidé, âgé de moins de trente ans, il prend de sa propre initiative le commandement de la Wilaya III. Il devient, selon son biographe Saïd Saadi, la bête noire de la France qui mobilise vainement, pour en venir à bout, près de 11 000 hommes, auxquels s’ajoutent les unités locales, 8 généraux et 27 colonels lors de l’opération Brumaire en 1958.

L’image du colonel Amirouche est cependant loin de faire l’unanimité en Algérie. Il est notamment fortement critiqué pour les purges sanglantes qui se déroulent dans la Wilaya III durant l’opération bleuite et qui affaibliront durablement celle-ci. Il est trahi par certains de ses camarades et tombe dans une embuscade tendue par l’armée française le 28 mars 1959.

Biographie

Il est né le 31 octobre 1926, à Tassaft Ouguemoun, une petite localité du Djurdjura. Orphelin, il est le fils d’Amirouche Aït Hamouda et de Fatima Aït Mendès Bent Ramdane. À la mort de son père, il hérite de son prénom, comme l’exige la tradition. Un an après sa naissance, sa mère veuve prend ses deux enfants, Boussad, l’aîné, et lui-même ; elle quitte le village de son époux pour rejoindre le hameau dont elle est originaire, Ighil Bwammas, à une encablure de là. La famille des oncles maternels étant elle-même très pauvre, le jeune Amirouche devra apprendre de bonne heure à se rendre utile pour survivre et, le cas échéant, à aider sa mère et son frère, pourtant plus âgé que lui de trois ans. Dans la région, une coutume veut que les garçons dont les parents sont morts ou particulièrement indigents servent chez des familles plus aisées dans lesquelles ils sont nourris en échange d’une aide confinant à la servitude. Il arrive ainsi que des personnes passent leur vie dans une forme de servage perpétuel, sans autre garantie que celle de se voir accorder leur pitance quotidienne. Ce statut est dénommé « acrik », ce qui équivaut à celui du serf de l’Europe médiévale. C’est à ce sort qu’était destiné Amirouche Aït Hamouda dès sa prime enfance. Il réussit cependant à se faire scolariser tout en s’acquittant de ses nombreuses et pénibles tâches. Ces quelques années d’école sont déterminantes dans son existence : il y apprend à lire et à écrire et développe une capacité d’écoute qui lui permet toute sa vie de satisfaire son esprit curieux de tout.

Amirouche se marie, à Oued Fodda, avec sa cousine germaine. Son oncle-beau-père, plus riche que le reste de la famille, l’aide à monter un petit commerce de bijouterie à Relizane. C’est dans cette bourgade de l’Oraniequ’il retravaille et vend, entre autres pièces, les colliers, les bracelets et les bagues des Aït Yenni, dont la renommée artistique s’étend bien au-delà de la Kabylie. Cet artisan bien établi, a un jeune garçon, Amrane Ait Hamouda, dit Nouredine, futur député du RCD).

Amirouche Aït Hamouda le politique

Amirouche s’engage en politique. Il approuve le leader nationaliste de la ville, le Dr Ahmed Francis, qui dénonce – c’est l’époque du proconsulat de Marcel-Edmond Naegelen – les élections truquées. Les options qu’il prend sont cependant plus radicales que celles du responsable de l’UDMA. Non content d’adhérer au MTLD et de quitter Relizane pour aller s’employer, à Alger, comme permanent au siège de ce mouvement, place de Chartres, il entre à l’O.S.Lorsque la répression s’abat sur l’Organisation Spéciale du MTLD, en 1950 – 1951, Amirouche est incarcéré. Libéré, mais interdit de séjour à Alger, il retourne, à sa sortie de prison, à Relizane, mais il va clandestinement passer les dimanches dans la capitale. Bien qu’il soit fort anticommuniste, il va souvent rendre visite à des amis du journal du PCA Alger républicain.

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